Baptême celtique

Publié le par La Gazette des Druides

 

ariege1.jpg« En Irlande, ils « baptisaient », choisissant le nom d’après une particularité ou une circonstance remarquable. »

Françoise Leroux, Les Druides, PUF 1961 P 53

 

Nous ne pouvons nier que parfois nous rencontrons des gens et qu’alors une partie de leur personnalité nous fait « intuitivement » leur  donner un surnom en correspondance. Il semble aussi que de très nombreux noms de famille soient hérités de particularités physiques, morales, géographiques ou professionnelles. Cependant les druides vont plus loin que de choisir un nom.

Les quelques extraits de textes anciens que nous connaissons et relatant le don du nom, précisent que chaque fois ce nom est choisi en même temps qu’est « vu » et « dit »  le destin. Ainsi en donnant le nom, le druide prophétise :

 

 « Pourquoi ne l’appellerait-on pas Cuchulain ? – non, dit le petit garçon je préfère mon nom Setanta, fils de Sualtan – Ne dis pas cela, petit garçon, dit Cathbad, car dès qu’ils entendront ce nom les hommes d’Irlande et d’Ecosse ne feront plus autre chose qu’en parler. »

Françoise Leroux, Les Druides, PUF 1961 P53 54

 

« Cathbad le pris et lui donna le nom de la rivière. Conchobar fils de Fachtan ; ayant pris le garçon dans son giron, Cathbad rendit grâce pour lui et prophétisa à son sujet » (Ogam XII 240)

Ibid

 

« Cathbad mis ensuite la main sur le ventre de la femme, et l’enfant s’agita sous sa main. En vérité dit-il ce sera une fille, Derdriu sera son nom et elle sera entourée de méchanceté ».

Ibid

 

Comment ne pas voir ici le lien entre le nom et la destinée, et le rôle qu’y joue le druide ? Ce rôle n’est pas de la contraindre d’une manière ou d’une autre, mais de la connaitre et de la faire savoir, on pourrait même dire, de la faire assumer. En effet une fois le nom accepté, et la prophétie dite, il semble impossible de passer outre. Le don du nom est l’entrée en matière du destin, dans le sens vrai du terme. Quelque chose comme « soit toi – même ».

La tradition celtique est ne l’oublions pas une tradition orale, où la parole est un engagement, une responsabilité, c’est lourd de conséquence, bien plus que de signer sur un registre (Les lois celtiques reconnaissaient comme valides les serments spirituels et les serrements de mains, encore au Moyen –Age) .

Enfin « le  baptême païen » semble bien consister en un acte incantatoire (chant magique) qui permet à l’être d’endosser son destin, quel qu’il soit :

 

« Les druides vinrent pour baptiser l’enfant dans le paganisme et chantèrent sur lui le baptême païen, disant : Il n’y aura jamais à naître de fils moins respectueux des gens de Connaught, il ne passera pas de nuit sans mettre la tête d’un homme dans le Connaught sous son oreiller, et il en tuera plus de la moitié (Windicsch, Ir Texte III 392 394) ».

Françoise Leroux, Les Druides, PUF 1961 P75

 

Ainsi, si nous voulions rester fidèles à cette tradition, nous ne devrions pas nous contenter de choisir un nouveau nom lors de notre rencontre avec cette tradition. Nous venons de le voir le nom ne se choisit pas en fonction de nos goûts et de nos héros préférés, de nos aspirations. Nous devrions attendre qu’un druide  nous offre ce partage, lui demander de chanter les mots qui le compose, les images secrètes qu’il porte en lui de nous.

Cela ne peut tarder quand on entre en chemin.

 

Syd

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