La source chamanique

Publié le par La Gazette des Druides


CHAMAN1Certaines avances sont faites de placer le chamanisme comme la plus ancienne pratique spirituelle, pour ne pas dire religieuse, du monde. C’est un fait que les plus anciennes pratiques rencontrées gardent des traces marquées d’un chamanisme primitif. Une évidence pour les cultures amérindiennes et australiennes, une évidence aussi pour l’Afrique et l’Océanie. Nous connaissons tout autant le chamanisme premier de l’Orient, tant en Chine qu’au Japon. Et par-dessus tout des pratiques chamaniques sont encore d’actualité dans toute la partie nord - est de la planète.

A bien y regarder il ne reste donc que l’Europe de l’Ouest. A moins que, confiants dans les travaux de Jean Clottes nous nous rangions à la thèse de voir dans les traces rupestres de nos ancêtres, les marques d’un chamanisme pré-celtique. De fait, la planète entière s’est adonnée au chamanisme.

L’évolution des différentes sociétés et communautés, tant dans le nombre et dans les besoins conséquents a généré une adaptation du représentant religieux en son rôle interne. Le « chaman » est devenu  « prêtre », et l’on peut voir de ci de là l’évolution d’un chamanisme primitif vers des pratiques plus structurées, organisées, inspirant à la communauté une réponse plus adaptée à ses besoins. Ainsi en est-il  des Traditions encore plus ou moins vivaces de notre époque.

Les métamorphoses, déviances et autres dégénérescences ont rendu la lecture chamanique difficile à rejoindre, tout autant que nos besoins contemporains, bien différents de ceux de nos premières communautés humaines tant sur le plan de la quantité que de la qualité. Il est un fait que nombre de nos besoins ne sont que de simples désirs de civilisations auxquelles le chamanisme ne peut porter de réponse, ni donner un sens.

Il faudrait pour renouer aux plus anciennes strates, une structure sociale adéquate et un environnement correspondant.

Or, le chamanisme est principalement fondé sur le rapport à cet environnement, le sens sacré qui s’y rattache et l’approche interdépendante qui s’en dégage.

Nous pourrions en conclure qu’il nous est désormais impossible de ressentir comme de simplement concevoir ce que peut –être ce lien.

 

Pourtant le chamanisme, dans sa primitivité est sans aucun doute la pratique la plus archaïque qui soit. Il est inspiré par les strates les plus anciennes de notre fonction humaine ; relié par le canal archaïque de notre cerveau, il est « instinctif ». Renouant avec les plus vieux besoins fondamentaux de notre espèce il apparaît au détour de nos aspirations les plus profondes, les plus légitimes. Le sens de notre vie, à un  moment ou à un autre peut totalement basculer vers la conception la plus primitive,  la première qui soit. Il nous est alors possible de prendre conscience de cette conception et appartenance au monde, de notre place d’homme dans le grand cosmos animé.

Animés de ces clairvoyances fugaces, il peut nous arriver de ressentir et d’expérimenter le plus ancien lien de l’homme avec le sens sacré de son essence première, son lien avec la nature, de renouer et de comprendre le cheminement de l’humanité à travers l’histoire et ses contraintes de temps et d’espace. Une réappropriation de nous-même, le sens d’une Tradition. A nous de choisir par quelle héritage nous allons pouvoir redevenir maître de notre passé, de notre présent et … de notre avenir.

 

Sellig

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Yavanna 20/08/2010 14:22


Cette question du chamanisme comme essence première de toutes les traditions religieuses et/ou spirituelles me paraît un sujet intéressant à creuser. Par ailleurs, j'ai une question de novice : y
a-t-il forcément du totémisme dans le chamanisme ou bien doit-on considérer les deux séparément ?