Paganisme traditionnel et néo-druidisme québécois

Publié le par La Gazette des Druides

 


Fondements païens

 

Le Canada, comme la Normandie, était donc une terre de sorciers.

La tradition démontre que la pratique de la sorcellerie est non opposée à la religion catholique, mais est plutôt en parallèle ou en porte-à-faux avec elle. Le sorcier du village, par ses tours, tentait d’obtenir pour son client ce que la prière n’accordait pas toujours. Le bon sorcier était vu comme étant celui ayant le pouvoir de soulager les malades et les pauvres alors que le mauvais sorcier était le joueur de maléfices, le « jeteux de sorts ».

Donc, si les sorciers de village l’étaient de père en fils, c’était aussi une affaire de famille. La femme du sorcier, la sorcière, avait aussi son rôle à jouer. En général, la cueillette et la préparation des plantes médicinales en plus de l’exercice du métier de sage-femme revenaient à elle. On peut dire qu’il y avait plusieurs spécialisations en sorcellerie, celles des rebouteux et des ramancheux (médecine traditionnelle), ainsi que des sourciers, jongleurs, tireurs de cartes et jeteux de sorts (divination). De plus, les sorciers appartenaient à des traditions différentes selon la lignée. En plus des lignées autochtones et cabalistiques, on peut donc en compter au moins deux paganisantes d’origine européenne, celle des Garols ou Garolfs (Normandie / Perche) et celle des Chouans (Bretagne / Poitou).

chouette-sur-la-cheminee.jpgSous les règnes de François Ier (1515-1547), Henri II (1547- 1549), François II (1559-1560), Charles IX (1560-1574), Henri III (1574-1589) et Henri IV (1589-1610), la France était divisée en deux grandes zones d’influence : la France des Francs (Francia) et la Gaule gallo-romane (Gallia). La Bretagne d’alors était dans la zone francienne alors que le Poitou était dans la zone gallo-romaine. Mais cette division ne vaut que pour cette tranche d’âge. À une époque plus reculée, la Bretagne et ses diocèses occupait un territoire plus large et débordait sur les provinces environnantes. C’est pour cela que les limites du duché de Bretagne et du conté de Poitiers, du pays nantais et du Bas-Poitou s’appelaient les Marches de Bretagne-Poitou. Cette précision est nécessaire car elle nous aide à mieux comprendre les origines de la tradition canadienne largement tributaire de cette région du royaume de France.

Bref, on peut dire sans commettre de généralisation abusive que la tradition canadienne est issue du fond gallo-roman dont le substrat est gaulois, le médiostrat latin et brittonique et le superstrat franco-normand, voire germanique.

Philippe Aubert De Gaspé, premier homme de lettres du Canada français, ne s’est pas trompé lorsqu’il a écrit :

« Ignorez-vous, monsieur, que le peuple invente et forme les langues et que les académies les déforment. Nos académiciens n’ont-ils pas fait disparaître en partie cette belle et expressive langue des Celtes que nous tenions de nos ancêtres, pour y substituer des mots dérivés du latin, du grec et de toutes les langues de l’Europe! Et ici au Canada, Grand Dieu, à quelques rares exceptions, il faut être bien versé dans la langue anglaise pour comprendre le français de nos littérateurs.»

(Jacques Castonuay citant Philippe Aubert De Gaspé in Philippe Aubert De Gaspé, seigneur et homme de lettres, p. 179.)

 

Il faut donc remonter aux origines gallo-romanes du paganisme médiéval pour mieux comprendre la sorcellerie canadienne-française.

Les termes paganisme et sorcellerie sont aussi à définir avec la plus grande précaution. En aucun cas faudrait-il les confondre avec « maléfice » et « satanisme » et en faire, comme le voulait l’Inquisition, une religion de Satan. L’amalgame reviendrait à les réduire aux aspects négatifs du christianisme. Ainsi, tout le long du présent ouvrage, nous insisterons sur le caractère strictement, ou essentiellement, indo-européen de la tradition canadienne française et ce, sans l’occultation des apports amérindiens.

 

Avant tout, il faut savoir que la religion gauloise ou gallo-romaine est le vieux cep sur lequel le christianisme médiéval s’est greffé. En cela, ces deux traditions, qui appartiennent à deux mondes ou paradigmes différents, ne sauraient être de même racine.

Donc, avec l’expansion du christianisme, alors que l’Église de Rome fait la chasse aux hérésies, la religion païenne, elle, sera déclassée au rang de sorcellerie. En ces temps-là, les hérésies chrétiennes étaient considérées comme étant le plus grand danger de l’Église alors que la sorcellerie sera tenue pour secondaire puisque considérée comme une superstition issue de l’ignorance populaire des campagnes. Quinze siècles d’imposition idéologique étrangère n’arriveront pas à assimiler des millénaires de croyances autochtones enracinées. À l’image de l’épée dans le roc chère aux colporteurs des cycles arthuriens, le christianisme se veut une puissance implacable verticale alors que le paganisme se durcit en une force dormante horizontale. Ce que la religion chrétienne politique percevait comme sorcellerie était en fait la croyance mystique naturelle issue du peuple. Et cette mystique aux nombreux cours ne saurait être canalisée en un conduit unique, à l’exemple de l’aqueduc aérien ou cloaques souterrains romains. De là l’échec déplorable des mensonges des inquisiteurs tortionnaires « religiopathes » face  à la vérité de l’homme et de la femme héroïque naturels. Autrement dit, le paganisme instrumente l’ordre naturel alors que le christianisme formalise l’ordre politique.sorcier.jpg

Bref, sous l’Inquisition, la longue résistance s’effondra. Au XIVe siècle, la sorcellerie est déclarée religion de Satan malgré que le diable soit largement absent des croyances populaires ancestrales. L’Inquisition le mettra au centre de la sorcellerie et des autres pratiques populaires. Si les Juifs ont leur sabbat, les sorciers auront aussi le leur! C’est à ce moment-là que le sorcier deviendra le vassal du Diable. Vers la fin du XVIe, un changement de statut juridique fera de la sorcellerie un crime d’exception et la justice suivra son cours. L’aveu de pratique de sorcellerie mène au bûcher alors que l’absence d’aveu condamne au bannissement. Dans son édit de 1682, Louis XIV qualifie la pratique de la sorcellerie et de la magie de simples superstitions et met un terme aux poursuites2. 

(Les Cahiers de science et vie. La sorcellerie et les sciences occultes. No 105 Juin/Juillet 2008)

 

Voilà pourquoi on peut dire sans trop se tromper que la tradition orale des anciens Canadiens est essentiellement médiévale.

Au Canada français, dans Charlevoix,  la chouennerie est généralement considérée comme l’ensemble de la tradition orale, la matière du conte et de la sorcellerie. Ou encore, selon la tradition populaire, le terme chouenner veut dire raconter des merveilles, la chouenne ou chaouine étant la parole. La Chouennerie est aussi le lieu où la parole l’exprime, en général un lieu isolé, hiérophanique, une île, un enclos, une clairière ou un bord de l’eau protégé, l’anse adossée d’une falaise, voire la forge ou le moulin de l’habitant. La nature apparaît alors comme un monde merveilleux ordonné par des puissances régulatrices merveilleuses. Les esprits divins y habitent, ou la visitent, dans leurs hiérophanies cycliques. Il faut dire que la vie et l’existence, en tant que potentialités de l’être, sont soumises à la loi des retours, donc à une épiphanie certaine. Le mysticisme des anciens Canadiens est une hierophanie naturelle. Il est difficile de nos jours de saisir ce que c’est qu’une hiérophanie naturelle tellement nous nous sentons aliénés par rapport au naturel et à la grandeur de la nature en ce monde artificiel. Ou bien nous réduisons le surnaturel au naturel ou nous confondons la puissance divine aux phénomènes naturels. Nous n’avons alors pas compris le principe de la transcendance et de l’immanence. Bref, le contenu de cette parole, bien plus qu’un dogme  comme celui de l’Église, est la voidie, au sens ancien, la sagesse par la finesse, bien plus qu’une ruse, une attention. Et cette attention particulière ne se trouve ni dans les lettres mortes d’un livre, ni dans le dogme religieux assassin de l’âme. Il est inscrit dans l’âme, source première, et resurgit dans la parole vive comme eau claire.  Si la chouenne est la parole, le chouenneux est celui qui la possède, l’exprime. On dit chouenne, chaouine, comme on raconte la chouenne de campagne ou de village, le chaouin des dires, comme d’autres parlent de « parlotte », de « jasement » ou de « jacasseries ». Chouenner, chaouiner, comme la chouette hulule,  c’est donc prendre part à la magie, au sortilège de la parole ou à l’envoûtement du conteur.

 

Définition des termes

 

Chaouinne / Chouenne : Chavan / Chouan / Chouen / Chauoin  selon les patois berrichons, poitevins, normands ou gallos tous tirés du gaulois, cauann-a/-os = chat-huant ; cauannon, rapace nocturne ; sorcier de village. En Vendée, le chat-huant, le plus souvent blanc, se cache, croit-on, dans le creux d’un chêne. S’agit peut-être t-il d’une vieille association du Druide et du chêne? Le mot chouenne désigne la parole populaire, l’ensemble des expressions campagnardes. Dans la région de Trois-Rivières, Bois-Francs, la variante dialectale de chouenne est chouinne. Le chaouin est proprement le patois de la rive sud de Trois-Rivières, Bois-francs, Centre du Québec, nord de l’Estrie. L’ère géographique du parler chaouin couvre essentiellement la zone d’influence ethnolinguistique abénakise. À titre de comparaison, chat-huant ou hibou se dit kokokhas dans cette langue.

Chaouinnerie :  Variante lexicale de chouennerie dans la région de Trois-Rivières et des Bois-Francs.

Chouennerie : Du patois normand, chouannerie en Berry – Poitou – Haute Bretagne, du gaulois cauannaria, relatif au chat-huant ; cauannarion, lieu à chat-huants. Tradition orale de Charlevoix; l’art du parler merveilleux et fantastique; lieu fabuleux, espace magique; lieu où se rencontrent les sorciers.

Chouenner : Du gauloiscauano < cauo = « hululer », « chouer », veut dire : dire des merveilles, transmettre la tradition orale, raconter un conte fantastique.

Chouenneux : De chouenneur, gaulois cauanarios = « homme chouette ». Le chouenneux est soit un palabreur, un conteur, un détenteur de la tradition orale, un fabulateur ou un sorcier. Ou encore, quelqu’un qui maintient les hauts faits d’un passé lointain et oublié.

Chouette : Du gaulois cauan-os / a = « chouette, hibou ». En Asie, en Europe et en Amérique, la chouette est non seulement l’une des principales représentations mythologiques, mais est toujours en rapport avec la plus ancienne tradition. De fait, elle est le symbole privilégié de la Grande Déesse de la Sagesse et de la Connaissance.

Voidie / Voydie :Terme archaïque issu du vieux français voisdie = « sagesse », « finesse », « ruse », du germanique wistuom; c.f. anglais wisdom, allemand weistum; sanskrit vidya, gaulois uidia, celtique ancien uidtu; termes issus de la racine indo-européenne *woid- / *weid- / *wid- = « vision », « conception », au sens de sagesse, science, savoir. La voidise signifiait autrefois l’habilité, la ruse, la malice. Cette dérivation de sens indique le mépris que les chrétiens portaient à la vieille sagesse païenne. Ce terme serait donc préférable à « sorcellerie » ou « paganisme » pour désigner les croyances de la tradition canadienne française.

 

Annales des sorciers au Canada

 

1667 : Selon le missionnaire père de Brébeuf, les sorciers de Nouvelle-France courent maintenant les assemblées secrètes alors que l’un d’eux récidive au point de ne pas se confesser « d’avoir été au Sabbat ».

 

1703 : Avec le Rituel de Québec, répression religieuse, refus d’absolution et de sépulture ecclésiastique exercée contre les sorciers, farceurs prostitués, concubinaires et usuriers. 

 

1704 : De nombreux sorciers traditionalistes, principalement de Vendée et de Haute-Bretagne, immigrent en Nouvelle-France.

 

1720 : L’île d’Orléans se fait appeler « l’île des sorciers » car il est suspecté que de nombreux devins y habitent. Les habitants de Beauport et de Bellechasse disent assister de loin aux sauteries nocturnes des lutins de l’île d’Orléans.

 

1766 – 1767 :La présence d’un loup-garou sème la terreur sur les bords du Saint-Laurent dans la région de Kamouraska.

 

1789 :En France, la révolution qui va engendrer la République laïque marque un tournant sanglant dans l'histoire : Le début du déclin de la religion et du catholicisme, l'essor des sciences et l'amélioration des conditions de vie du peuple. Au Canada, sous le régime anglais avec la réitération de l’ordonnance royale de 1736, les sorciers ne sont plus inquiétés. Désormais sorciers et magiciens pourront s’adonner à leurs pratiques en toute quiétude.

 

1799 : La magicienne de Pointe de Lévy se fait parler d’elle.

 

1808 : Le Courrier de Québec publie par tranches une mise en garde contre les injures et les crimes publics ou à la prétention de la pratique de la sorcellerie et la bonne aventure.

1837 : S’inspirant des faits et des personnages observés à Saint-Jean-Port-Joli », Aubert de Gaspé fils, mais non sans l’aide d’Aubert de Gaspé père, écrit L’influence d’un livre qui met en lumière la pratique de la sorcellerie chez les habitants du Bas-Canada.

1863 : Aubert de Gaspé, père, publie Les Anciens Canadiens, une mine de renseignements sur la vie rurale des anciens Canadiens avec leurs légendes, leurs mœurs, leur langue, leur histoire et leurs traditions. Sans oublier les histoires de l’île d’Orléans et de ses sorciers et feux-follets ou de la célèbre sorcière de Beaumont, la vieille Nolet.


L’aventure du néo-druidisme québécois


L’histoire du druidisme moderne au Canada français est encore assez nébuleuse… malgré tout, on peut en discerner quelques grandes lignes :

 

1. Quelque temps après la conquête anglaise, à Québec et Montréal, à partir de 1760 instauration de loges maçonniques avec groupuscules d’obédience néo-druidique appartenant à une des trois lignées à tendance protestante et mutualiste, Ancient Druid Order (1717), de John Toland, Ancient Order of Druids de Henry Hurle (1781), et Druid Order d’Edward Williams (1792). Les membres de ces confréries oeuvrent aussi au sein d’associations chrétiennes telles les Saint-Georges’s, Saint-Andrew’s et Saint-David’s societies.

Selon Jacques Ruelland, historien de la franc-maçonnerie :

communautedruidesqc.jpg« Alors qu'ils venaient de conquérir Québec, en 1759, le premier geste des officiers du général James Wolfe fut de fonder une Grande Loge provinciale, c'est-à-dire d'établir une puissance maçonnique dans le territoire acquis à la Grande-Bretagne. Toutefois, il ne faut pas en déduire que cela constituait la première manifestation de la Franc-maçonnerie sur ce territoire et que celle-ci n'existait pas auparavant sur les rives du Saint-Laurent. Bien au contraire : parmi les plus anciennes loges de la Nouvelle-France qui existent encore aujourd'hui, l' Antiquity Lodge n o 1 et la Loge Albion n o 2 avaient été créées respectivement à Montréal et à Québec en 1752 ; mais il faudra attendre 1788 pour que naisse à Québec la St. John's Lodge n o 3, 1792 pour qu'apparaisse la Dorchester Lodge n o 4 à Châteauguay et 1803 pour que se forme la Golden Rule Lodge n o 5 à Stanstead. Auparavant, les Francs-Maçons francophones se seraient réunis en Nouvelle-France dans la Loge des Francs-Maçons régénérés, dont la date de fondation nous est inconnue mais qui doit être postérieure à 1743, cette loge ayant été parrainée par la Loge Amitié et Fraternité fondée à Dunkerque cette même année. L'an 1752 marque donc pour nous le début de la Franc-maçonnerie au Canada et l'année 1759 est celle de la naissance de l'obédience dont est issue la Grande Loge du Québec ». (…)

Bien que les bulles antimaçonniques de 1738 et de 1751 n'aient jamais été promulguées dans l'ex-Nouvelle-France, devenue la Province de Québec, le supérieur des Sulpiciens et seigneur de Montréal, Étienne Montgolfier, s'élève contre l'Ordre en 1771. Il nous apprend ainsi qu'il existait à Montréal, à cette époque, un important groupe de Maçons francophones, dont plusieurs avaient été initiés en France vers 1760-1763, que beaucoup de d'hommes de conditions diverses étaient attirés par l'Ordre, que des cérémonies maçonniques avaient même lieu publiquement, que des Maçons francophones se réunissaient déjà en Nouvelle-France et, qu'après la Conquête, des loges civiles et francophones furent créées.

Citant les études de Pierre-Henry Villars et Charles E. Holmes, Roger Le Moine donne quelques noms de Maçons francophones qui auraient été initiés ou se sont retrouvés dans la Loge La Parfaite Union de New York, fondée vers 1760 : certains sont des calvinistes suisses enrôlés dans comme mercenaires dans les armées britanniques et exercent des fonctions maçonniques : Jean Allaz (Secrétaire), J.B. Rieux (Vénérable Maître), Charles Rivez et Jean Rochat, et d'autres sont des officiers canadiens : Charles Daneau de Muy, Louis-Nicolas Duflos, Antoine Foucher, Jacques Gichaud (Second Surveillant), Pierre Hertel de Beaubassin, Joseph Marin de La Malgue, P.-A. Rameau de La Roche de Granval et Jean-Baptiste Testard de Montigny. D'autres encore ont été initiés en Angleterre ; c'est le cas du gouverneur marquis de Duquesne et d'un Français d'adoption, le baron de Dieskau, initiés à la loge qui se réunit à la taverne Horn de Westminster, le premier en 1730 et, le second, entre 1720 et 1723. Quoique combattant dans des camps ennemis, ces Maçons se sont unis pour créer une loge francophone en plein New York ».

2. Après la guerre de 1945, de nombreux Bretons s’installent au Québec. On voit alors apparaître les premières manifestations néo-druidiques. Mais comme le druidisme des deux Gorseddau, la galloise et la bretonne, sont associées à la franc-maçonnerie, l’évêché avec l’aide du gouvernement Duplessis est vite à décourager toute manifestation publique. Malgré tout, à quelques occasions, les Druides bretons accordent des entrevues dans les médias, journaux et télévision. Un brave Breton s’est même présenté un soir à la populaire émission ‘Appeler moi Lise’ animée par Lise Payette pour parler du druidisme et de sa condition de druide au Canada. La Gorsedd bretonne compte encore quelques adhérents de la communauté bretonne répandus partout au Canada. La liste schématique qui suit ne saurait être exhaustive.

 

Novembre 1968 : À Montréal, le naturo-thérapeute, Jaques-Baugé Prévost fonde le Collège des Druides, Bardes et Ovates du Québec. Le mot est lancé, ce qui fera dire à Gérald Godin que le Dr Jacques Ferron est un « Druide du Québec » (cit. Archives de Radio-Canada). Dans cette foulée, il faudra attendre après le Dr Baugé-Prévost, une dizaine d’années avant de voir le « blé lever »… C’est-à-dire voir arriver les fils spirituels du premier véritable "Druide du Québec".

 

Fondation du Nemeton des Druides du Québec en 1986. Un petit regroupement de néo-druidisants suivant les enseignements et préceptes de la druidesse parisienne Huguette Cochinal du Collège des Druides, Bardes et Ovates des Gaules.

 

Introduction à la fin des années quatre-vingt-dix dans les universités anglophones de Montréal, principalement Concordia, d’associations néo-druidisantes américaines de type A.D.F. et Henge of Keltria.

 

Fondation du Diuiciacton Druidiates Broga Caiiobacias en 1990 à partir du Nemeton des Druides du Québec. En association avec la Druidiactos américaine à partir de 1991.

 

Vers le début des années 90, vers 1991, installation au Québec du Collège d’Études Celto-Druidiques, c’est-à-dire, du Collège du Grand Chêne Inter-Celtique dans la lignée du Collège des Gaules fondé par Philéas Lebesgue succédé par le grand druide Paul Bouchet (Bod-Koad. Son fils René Bouchet (Renatos Bod-Koad), lui succède et s’établie par la suite au Québec dans les Laurentides, puis en Estrie dans le cœur du Québec.

 

En 1993 le Diuiciacton se scinde en deux pour former la Comardiia Druidiacta Celtiai (section Québec) et la Comardiia Eriutalamonos (section Canada/Nouvelle-Angleterre) qui procèdent toutes deux de la Comardia Druidiacta Aremorica, et qui sont toute deux encore actives.

 

Depuis 2000, les associations néo-druidisantes, qui n’exigent pas de véritable initiation maître-élève, foisonnent au Canada. Plusieurs de ces clairières sont nées de groupuscules dérivant de druidisants dynamiques appartenant à des collèges américains RDNA, ADF ou Anglais, par exemple O.B.O.D. Ceci étant, que l’enseignement se fait surtout par le biais de cours par correspondance. Au Québec, ces groupes sont estimés à au moins huit ou dix, sinon plus. Et ceci est une estimation conservatrice.

 

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Sources :

Dupont, Jean-Claude. Le légendaire de la Beauce. Éditions Garneau, Québec, 1985.

Ferron, Jacques. Le druide du Québec disparaît, Les Archives de Radio-Canada

http://archives.cbc.ca/IDC-0-72-1636-11280/arts_culture/jacques_ferron/clip8

Ruelland, Jacques G. Historique de la Grande Loge du Québec.

http://www.glquebec.org/francais/historique.htm

Séguin, Robert-Lionel. La sorcellerie au Québec du XVIIe au XIXe siècle. Éditions Leméac / Payot, 1978.

 

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(Aquarelles © Boutios)

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